10 bonnes raisons de soutenir l’Ecole du Bayon à Noël

10 bonnes raisons de soutenir l’Ecole du Bayon à Noël

Nous sommes enfin arrivés à la fin de l’année 2020 et plus que jamais l’école du Bayon a besoin de votre aide pour faire face à cette période compliquée que nous traversons tous. C’est pourquoi au Bayon nous vous avons concocté ce petit top 10 des raisons de nous soutenir à Noël ! A votre tour de convaincre vos ami(e)s de nous parrainer !

1. Devenir parrain de l’Ecole du Bayon, c’est rejoindre une grande famille qui agit depuis maintenant 30 ans pour l’émancipation et le développement des jeunes cambodgiens.

Initiée dans les années 1990 par un bonze qui recueillait des orphelins issus de la guerre, l’Ecole du Bayon s’est donnée pour objectif de fournir une éducation de qualité et un soutien médical aux jeunes défavorisés vivant dans la région des temples d’Angkor. Au fil des ans, l’association a diversifié ses activités pour contribuer au développement économique et social des populations les plus vulnérables.

tous les enfants de l'école primaire

2. C’est permettre aux familles les plus vulnérables de compenser la perte de leur activité et de continuer à leur assurer une sécurité alimentaire malgré la gravité de la situation.

Si le pays n’a été que peu touché par le COVID, ses conséquences ont été désastreuses pour l’économie. A Siem Reap, 78 % des hôtels ont fermé ou ont cessé leur activité. Les temples d’Angkor ont vu une baisse de 98,7% de visiteurs étrangers en mai 2020 par rapport à mai 2019. Ainsi, de nombreuses familles de bénéficiaires ont soudainement perdu leurs principales sources de revenus.

farmers dans un champ

3. C’est offrir l’opportunité à plus de 250 enfants d’accéder à une éducation de qualité et ainsi leur donner les clefs pour se construire un avenir meilleur.

Chaque année, l’école primaire du Bayon accueille 250 élèves et leur fournit 2 repas équilibrés par jour, du matériel scolaire et des uniformes. Mais avant tout, l’école leur permet de s’épanouir, de contribuer à leur développement personnel et d’apprendre dans de bonnes conditions.

4. C’est donner la possibilité aux familles les plus défavorisées d’accéder à l’eau potable et à des toilettes.

Parce que la santé est un droit, l’association se mobilise cette année pour doter les familles les plus fragiles d’un accès à l’eau potable et à des conditions sanitaires dignes par l’installation de filtres à sable et de toilettes.

enfant se lave les mains
professeur donne un cours

5. C’est contribuer à l’amélioration du programme Art-Culture-Sport.

Si une éducation de qualité est vitale pour donner une chance aux enfants de se construire un meilleur avenir, il est au moins tout aussi important d’encourager leur développement personnel aux travers d’activités ludiques, culturelles et sportives. C’est pourquoi au Bayon nous souhaitons continuer à développer et améliorer ces activités parascolaires que nous leur proposons chaque semaine.   

une main tient une marionnette d'éléphant

6. C’est aussi accompagner nos anciens étudiants tout au long de leur parcours.

Parce que la scolarité ne s’arrête pas à la sortie de l’école primaire, nous suivons nos élèves tout au long de leurs études. Ils disposent ainsi d’un accompagnement social, de cours de soutien, d’un vélo, d’une bourse mensuelle, mais aussi d’un forum annuel dédié aux formations professionnelles pour les guider dans leur orientation.

Des jeunes discutent orientation professionnelle

7. C’est contribuer cette année à l’ouverture d’une école d’agroécologie qui va permettre à la nouvelle génération de développer des techniques d’agriculture durable.

En janvier 2021, l’école d’agroécologie du Bayon ouvrira ses portes. La formation d’un an que nous proposons a une double vocation : donner des compétences pratiques et professionnelles en matière d’agroécologie ; stimuler les initiatives des jeunes pour créer des petites fermes et des entreprises alimentaires biologiques reliant les producteurs et les consommateurs sur le marché local.

des volontaires travaillent sur un chantier

8. C’est aussi soutenir l’activité de 11 familles de farmers et leur permettre de se structurer en coopérative.

Le Bayon s’est en effet engagé à fournir les outils nécessaires et former les farmers pour qu’ils puissent cultiver des légumes bios qui serviront avant tout à alimenter la cantine de l’école primaire. Les aider à se structurer en coopérative, c’est contribuer à développer un réseau de débouchées pour vendre de grandes quantités de légumes organiques.

des légumes sont distribués aux familles

9. C’est permettre aux étudiantes de suivre des cours d’anglais renforcé dans le meilleur établissement d’enseignement des langues de Siem Reap.

Parce que le Cambodge est une terre qui attire de nombreux touristes par la richesse de son histoire et de sa culture, il est vital pour nos étudiantes de parler anglais pour décrocher un emploi qui leur permettra de s’épanouir et d’aider de leur famille.

10. C’est financer la formation d’une vingtaine d’étudiantes à la pâtisserie et la boulangerie.

L’école de pâtisserie du Bayon forme depuis maintenant 6 ans les boulangères et pâtissières de demain. Aujourd’hui, et plus que jamais dans un marché du travail rendu incertain par la crise du COVID, nous nous efforçons de leur donner toutes les chances de décrocher un emploi.

Toute l’équipe du Bayon vous remercie chaleureusement pour votre générosité qui nous permet chaque année de continuer à aider les plus démunis, sans vous rien ne serait possible. 

Pour parrainer deux options :

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Vous pouvez aussi remplir notre formulaire et l’envoyer accompagné de votre RIB :

  • Par e-mail à [email protected]
  • Par courrier postal à SEP du Bayon – 91 avenue Jean Baptiste Clément – 92100 Boulogne Billancourt, FRANCE

Une année pas comme les autres à l’Ecole du Bayon

Une année pas comme les autres à l’Ecole du Bayon

L’année 2020 se termine et avec elle, le cycle scolaire de notre école primaire et de notre école de boulangerie/pâtisserie. C’était une année compliquée. Une année qui a mis nos élèves, nos étudiantes et nos équipes à rude épreuve. Une année où nous avons dû nous adapter, nous renouveler et agir vite pour faire face à une crise dont personne ne pouvait mesurer les impacts. Et même si la situation est loin d’être redevenue « normale », nous en sortons renforcés, enrichis et prêt à continuer notre action pour continuellement innover au service d’une meilleure éducation.

Des projets pour lancer l’année

En septembre 2019, à l’école de pâtisserie, nous accueillons notre 6ème promotion d’étudiantes avec 26 jeunes filles ; un nombre en constante augmentation depuis l’ouverture de l’école. Le nouveau laboratoire destiné à libérer de la place et à renforcer notre enseignement en boulangerie est en cours de finalisation et nous sommes heureux de pouvoir débuter l’année dans des conditions optimales pour former plus et mieux. En 2018/2019, nous avons atteints presque 55% d’autofinancement de l’école grâce aux recettes du Coffee Shop, et nous mettons tout en œuvre pour accueillir touristes et visiteurs pour faire mieux, sinon autant. L’enseignement en hygiène est revu avec une intervenante spécialiste de la sécurité alimentaire et les cours d’anglais sont renforcés avec le lancement d’un partenariat avec Australian Center for English.

pastry-student
des enfans mangent à la cantine

En octobre 2019, 232 élèves rejoignent les bancs de l’école primaire du Bayon, et 120 collégiens et lycéens poursuivent leurs études tout en étant accompagnés par nos équipes mensuellement pour un suivi pédagogique et social. Les enfants découvrent le nouveau petit déjeuner, servi à table dès 6h45 avec un repas chaud. Ils poursuivent leur scolarité enrichie d’un programme art-culture-sport qui se renforce avec des cours de marionnettes traditionnelles et 1h30 dédié à la pratique du sport chaque semaine. En février, 30 élèves participent au championnat sportif inter-écoles et décrochent 2 médailles. Une fierté pour tous ! Les cours de soutien pour les élèves en difficulté se poursuivent et le projet d’un bâtiment dédié à l’enseignement en petit groupe se précise.

En novembre 2019, trois nouvelles familles intègrent le projet potager ce qui portent à 11 le nombre de familles maraîchères du Bayon. 90% des légumes achetés à la cantine sont dorénavant organiques et permettent à ces femmes de dégager un revenu complémentaire.

La coopération avec l’association Pour un Sourire d’Enfant débute, nous lançons un grand chantier collaboratif pour créer un terrain d’expérimentation en agroécologie. Plantation d’arbres fruitiers et de plantes médicinales, construction de tables de culture hors sol, création d’un compost, installation d’un système d’arrosage, ce terrain accueillera notre future école d’agroécologie et ses 10 premiers étudiants en janvier 2021. Parallèlement, la formation de 10 mois des futurs professeurs en partenariat avec l’ONG Vivre de sa Terre débute et le curriculum est rédigé.

Une agricultrice montre ses cultures

Dès décembre 2019, les familles reçoivent la visite de nos équipes médicales et sociales pour évaluer leur situation sanitaire et leurs besoins médicaux. 156 familles sont rencontrées et interrogées et une importante étude permet de définir un plan d’action pour agir auprès de nos familles.

S’adapter face au Covid

Le 9 mars 2020, toutes les écoles du pays ferment leurs portes et fin mars, les derniers avions de rapatriement renvoient chez eux les ultimes touristes encore au Cambodge. Nos étudiantes retournent dans leur famille et nos élèves sont tenus à distance de l’école. Désemparés au début, nous réagissons vite pour venir en aide à nos familles qui vont devoir face à cette crise dont nous ne connaissons pas la durée.

enfant porte un masque à l'école
des légumes et du riz sont distribués aux familles

L’intégralité des légumes produits par les farmers est achetée par l’ONG et distribuée gratuitement chaque semaine aux familles de nos élèves qui ne sont plus nourris matin et soir au sein de la cantine. L’équipe sociale se rend sur le terrain et analyse l’impact du Covid sur nos familles : certaines, identifiées comme en grande difficulté, reçoivent du riz. L’enseignement à distance et en très petits groupes débutent dès avril et en juillet, nous recevons une donation de smartphones pour améliorer l’accès à des cours en ligne pour nos étudiantes. Les équipes débutent des chantiers nécessaires : refonte du site internet, peinture des murs du Coffee Shop, étude sur la situation de nos étudiantes alumnis, lancement d’une base de données qui rassemblent toutes les informations sociales, médicales et pédagogiques des élèves, formation pour les farmers et suivi précis des quantités de légumes qui ne font qu’augmenter.

tous les enfants de l'école primaire

Rebondir et avancer

Toutes ces actions mises en place ont permis de maintenir un suivi pédagogique, un accompagnement de nos familles et ainsi d’éviter un trop grand retard scolaire. Certaines familles sont retournées temporairement dans leur village d’origine pour travailler la terre car elles avaient perdu leur emploi. Les cambodgiens se montrent résilients et forts face à cette crise et nous espérons que l’activité économique et touristique pourra reprendre rapidement pour redonner un emploi à ceux qui en ont vraiment besoin.

photo de groupe de la 6ème promotion
Conséquences inattendues de la crise pour les farmers

Conséquences inattendues de la crise pour les farmers

Cela fait 2 ans et demi que j’ai rejoint l’équipe du Bayon. A mon arrivée nous avons démarré le projet des « potagers du Bayon ». Nous soutenons et accompagnons 11 familles parents ou grands-parents d’élèves de notre école primaire dans la création et le développement de potagers. Les légumes produits, bons pour la santé, sont vendus à la cantine de l’école et nourrissent chaque jour 250 élèves. Ces farmers sont toutes des femmes, cela n’était pas une volonté de notre part mais une réalité qui s’est imposée. 


 

En m’engageant dans ce projet, je savais qu’il faudrait donner du temps, de l’énergie, de la patience, de la persévérance. Mais jamais je n’aurais pu imaginer combien j’allais recevoir en retour de la part de ces 11 femmes. C’est énorme pour moi ! Bien qu’elles ne possèdent quasiment rien, vivent dans la misère et l’isolement, travaillent dur, soient confrontées à la maladie et aux deuils, elles ne sont que sourire, générosité, bienveillance, gratitude, empathie et courage. Une belle leçon de vie qui me donne souvent à réfléchir !

Une professeur forme les agriculteurs

Le projet avance pas à pas, au rythme du Cambodge. Ces femmes vivaient en marge de la société, souvent dépendantes financièrement de leurs enfants ; aujourd’hui, elles travaillent, produisent et gagnent de l’argent. Malgré la barrière de la langue, et le fait que je ne comprenne pas toujours ce qu’elles racontent, la fierté qu’elles dégagent saute aux yeux.

Dans les milieux ruraux, les jeunes cambodgiens sont généralement dans l’obligation de quitter le foyer familial pour trouver du travail dans des régions parfois éloignées. L’éclatement de ces foyers est contraire à la tradition khmère où la notion de famille au sens large est fondamentale. Culturellement, grands-parents, parents, enfants, belles-filles, gendres et petits-enfants vivent sous le même toit. Mais, lors de nos visites hebdomadaires dans les fermes, nous étions habitués à rencontrer ces femmes seules, avec pour unique compagnie, enfants et petits-enfants en bas âge, confiés par leurs parents.

La crise du Covid 19 et l’absence de touristes ont entrainé la perte de leur emploi pour beaucoup de jeunes qui sont revenus dans le giron familial. La vie de famille a repris dans les fermes ! Et ce retour des jeunes offre une nouvelle main d’œuvre non négligeable. Cela a eu pour conséquence l’agrandissement des fermes, l’augmentation de la production et le développement de nouvelles activités.

Ces femmes que nous formons depuis 2 ans aux méthodes de l’agroécologie, transmettent aujourd’hui leur savoir à leurs enfants et petits-enfants, les dirigent, les encadrent. Leur fierté est immense, elles ont pris la place de chef de famille et patronne de la ferme.


Ferme de Sem Chum : une nouvelle ambiance

Sem Chum est veuve. Elle est âgée de 57 ans, mère de 4 enfants, grand-mère de 3 petits-enfants. Dans sa ferme régnait une ambiance silencieuse que seul le chant des oiseaux venait troubler. Malgré la solitude et la dureté du travail qu’elle accomplit, elle nous accueille toujours avec un sourire rayonnant. Aujourd’hui ce sourire est encore plus franc et il s’accompagne d’une légitimité et d’une dignité auprès de ces proches.

Le silence a été remplacé par les rires des petits enfants, les discussions des plus grands, les marmites qui bouillonnent, le croassement des grenouilles, le nasillement des canards et le gloussement des poules. Les ordres et les conseils fusent pour le bon fonctionnement de la ferme familiale dans laquelle on sent une nouvelle effervescence ! Il y a trois mois, Sem Chum a vu revenir deux de ses fils avec femmes et enfants ainsi que sa dernière fille.

Sous la direction de notre farmer, cette nouvelle équipe familiale s’est mise à l’œuvre. Bien évidemment la production a explosé et de nouvelles activités ont été créées. Grace aux formations qu’elle a reçues et aux ressources humaines et pécuniaires aujourd’hui disponibles, Sem Chum et sa famille ont agrandi leur potager, démarré un élevage de grenouilles, de poules, de canards… Une étable est en cours de construction pour accueillir une vache. Ces nouvelles activités sont sources de revenus. Elles permettent aussi à la ferme de s’approcher de l’autosuffisance. De plus, la fiente des poules et des canards, et la bouse de vache qui étaient achetées pour confectionner le compost naturel, sont aujourd’hui disponibles sur place.


Et la suite ?

Malgré ces conséquences étonnantes, la production de produits organiques reste très à la marge au Cambodge. Près de la moitié des légumes consommés chaque jour sont importés des pays voisins, cependant le gouvernement pousse les coopératives locales à se développer notamment à travers de projets pilotes comme celui-ci. Les farmers soutenus par le Bayon sont entrés dans une phase de consolidation de leur production, il faut maintenant trouver des débouchés pour leurs légumes et encourager le marché de l’agriculture organique à Siem Reap.

Un grand merci à tous les volontaires impliqués dans le projet depuis le début : Marine, Paul, Léa, Camille, Soraya et Clémentine.

Formation Pro – Où sont nos anciennes étudiantes ?

Formation Pro – Où sont nos anciennes étudiantes ?

Entre 2014 et 2019, l’école de formation professionnelle en pâtisserie et boulangerie du Bayon a accueilli cinq promotions d’étudiantes et 80 jeunes femmes ont obtenu leur diplôme. Que sont-elles devenues ? Revenons sur leur parcours et leur situation actuelle dans un Cambodge en pleine croissance où subsistent de nombreuses inégalités.


Une enquête menée en début d’année 2020 auprès de 80 alumnis.  

L’étude menée par l’équipe sociale de l’Ecole du Bayon a pour but d’analyser l’impact de la formation en pâtisserie/boulangerie sur l’employabilité des jeunes filles, leur satisfaction personnelle à exercer leur métier ainsi que le niveau de revenu qu’elles parviennent à dégager pour mener une vie décente. Sur 80 étudiantes diplômées, 65 ont répondu à l’étude (par téléphone, soit via un formulaire en ligne), ce qui représente 81% de l’ensemble des étudiantes.


Quelques chiffres représentatifs :

  1. 86% des étudiantes interrogées sont actuellement en poste et 14% ne travaillent pas (chômage, maternité ou reprise des études à l’université). Les 3/4 travaillent sur Siem Reap.
  2. Le salaire moyen de nos anciennes étudiantes, toutes promotions confondues, s’élèvent à $190/mois.
  3. Aucune n’envisage de changer d’emploi et 9/10 se disent pleinement satisfaites des compétences acquises lors de leur formation au sein de l’Ecole du Bayon, et elles ont confirmé que ces compétences leur étaient très utiles pour effectuer leur travail au quotidien.

 

En effet, 82% des alumnis interrogées travaillent dans le secteur de l’hôtellerie/restauration et se servent donc quotidiennement des apprentissages de l’Ecole du Bayon.


Un revenu décent au Cambodge.

Bien qu’en janvier 2018, le Cambodge ait fixé le salaire minimal (voté pour le secteur du textile) à $170 par mois, la majeure partie de la population n’atteint pas ce montant. Les étudiantes qui sortent de l’Ecole du Bayon sont embauchées, la première année, pour un salaire moyen de $163. Ce salaire évolue rapidement et elles peuvent gagner près de 15% de plus dès la deuxième année.

Graphique des salaires des étudiantes

Le salaire moyen des étudiantes interrogées s’élèvent à $190/mois (excluant celles qui ne travaillent pas). On observe une corrélation positive entre les années d’expérience et l’évolution des salaires avec une augmentation de 40% en 5 ans. A la question : « Votre salaire vous permet-elle de vivre décemment, sans aide extérieure ? », 3% (2 étudiantes) affirment qu’elles vivent confortablement et 89% considèrent qu’elles ont juste de quoi survivre.


Subvenir à ses besoins et soutenir sa famille.

Les données ci-dessus nous renvoient à la situation très précaire des familles de nos étudiantes : beaucoup ont des dettes à rembourser et dès qu’un membre de la famille peut subvenir à ses besoins grâce à un salaire fixe, il va nécessairement aider sa famille. Sur les 65 étudiantes interrogées, 61 ont répondu qu’elles envoyaient chaque mois de l’argent à leurs proches. Les montants envoyés sont pour les 3/4 d’entre elles, compris entre $50 et $150 par mois soit parfois jusqu’à la moitié de leur salaire.

2 étudiantes cuisinent

KOLA – Ancienne étudiante, en train de former à son tour.


Le rôle de l’Ecole du Bayon.

Former des jeunes femmes à un métier pratique qui leur permet d’accéder rapidement au marché du travail et d’obtenir un salaire durable et décent. Pour la grande majorité, ce salaire est amputé d’une partie non négligeable qui revient à la famille ; ce qui fait que nos jeunes ont souvent encore le sentiment de subvenir tout juste à leurs besoins. Mais il faut rappeler la jeunesse de notre programme et la courbe d’évolution positive des salaires moyens : +40% en 5 ans. Et surtout, que derrière, c’est toute une famille qui va mieux, des frères et sœurs qui sont scolarisés, des grands parents soignés et des femmes qui sont fières d’être responsables de ce changement.

Ecole du Bayon – Faire face au Covid

Ecole du Bayon – Faire face au Covid

Cela fait presque quatre mois que le Covid-19 s’est répandu sur l’ensemble de la planète. Même si le Cambodge n’a répertorié officiellement que très peu de cas et aucun décès, le pays n’est pas épargné et les habitants souffrent de la perte de leur emploi et du manque d’activité touristique. L’Ecole du Bayon a essayé de réagir au mieux pour aider les familles dans cette crise inédite.

 

Soutenir les familles – La première urgence.

Depuis mi-mars, plus aucun touriste n’est entré dans le pays et une grande majorité d’hôtels, de restaurants et de spas ont fermé leurs portes, laissant des milliers de travailleurs sans emploi et sans aucune compensation de la part de l’état cambodgien. Beaucoup de nos familles sont victimes de cette crise et ont souvent perdu l’unique source de revenu qui permettait de subvenir aux besoins vitaux de 8 à 10 personnes. D’autre part, les enfants qui allaient à l’école étaient nourris matin et midi à la cantine, une charge en moins pour les parents ou les grands-parents. Ils sont dorénavant à la maison et doivent être nourris trois fois par jour.

Face à cette situation critique, l’Ecole a réagi vite. Dès la première semaine, tous les légumes produits par les farmers investis dans le projet des potagers, ont été rachetés par l’ONG pour ensuite être distribués gratuitement aux parents des élèves de l’école. Cela garantie un maintien de salaire pour ces femmes et l’assurance que les enfants continuent de manger des légumes sains. De plus, les équipes sociales ont effectué une étude précise des familles dont la situation était vraiment critique et des distributions de riz ont débuté dès la deuxième semaine de fermeture de l’école. Un soutien précieux de nos donateurs et de l’entreprise Cambodgienne AMRU RICE a permis d’aider au financement du riz et de légumes.

Fermeture de l’école de pâtisserie et du Coffee Shop – Et la suite ?

A l’Ecole de pâtisserie, nous avons dû renvoyer les 26 étudiantes dans leurs familles et par voie de conséquence et obligation, fermer le point de vente. Le Coffee Shop de la Bayon Pastry School, ouvert il y a maintenant plus de 4 ans, permet de financer 50% du budget lié à la formation en pâtisserie/boulangerie. Sa fermeture engendre une perte de revenus importante pour l’ONG que nous avons en partie compensée grâce à la générosité de nos donateurs. Après deux semaines d’ajustement et de vacances pour les équipes du service et de la cuisine, nous avons lancé plusieurs chantiers pour se préparer à la réouverture : inventaire, rangement, plantations dans le jardin, peinture des murs, grand nettoyage… Les membres de l’équipe ont en fin de compte été bien occupés et le Coffee Shop a finalement rouvert ses portes mi-juin. De plus, Sokhouern et Sokly ont élaboré une toute nouvelle gamme de pain avec une dizaine de références dans le but de les vendre dans notre future boulangerie. Elles ont eu le temps de tester de nouvelles recettes pour assurer une gamme variée que nous pourrons proposer aux hôtels et aux restaurants dès la réouverture de l’activité. Enfin, depuis fin avril, les professeurs de l’école ont lancé les cours en ligne pour nos étudiantes. Chaque jour, elles reçoivent des vidéos et des appels pour les maintenir au fait et leur faire réviser leurs leçons.

Suivi social, enquête et bilans.

Les équipes sociales sont très investies durant cette période. Elles ont tout d’abord travaillé dans l’urgence pour identifier les familles rencontrant des difficultés soudaines, pour pouvoir les aider au mieux. Mais ce temps de crise est aussi l’occasion de prendre du recul et d’analyser l’impact de nos actions sur les enfants et leur éducation. Une étude approfondie a été menée auprès des alumnis de l’école de pâtisserie. L’objectif : mettre à jour les données de nos anciennes étudiantes, analyser leur parcours et faire le point sur leur situation entre un à cinq ans après l’obtention de leur diplôme.

 

Et la communication ?

Nous avons lancé un grand chantier pour la refonte du site Internet de l’Ecole du Bayon. Vous le découvrirez bientôt ! Et nous essayons de rester en contact au mieux avec tous les amis de l’Ecole du Bayon, que nous savons à nos côtés. Un grand merci à vous tous pour l’aide que vous nous avez apportée pour faire face à cette crise et aider au mieux nos familles. Nous espérons très vite pouvoir rouvrir les écoles et retrouver les visages souriants des enfants qui jouent dehors.