LES JARDINS POTAGERS SOUS LE REGARD DE LEA, VOLONTAIRE

« J’ai rencontré les familles dès mon arrivée et j’ai tout de suite été touchée par leur gentillesse, leur générosité et surtout leur force. Le travail qu’elles réalisent est très physique et les femmes s’occupent souvent seules de leur potager. Elles sont très débrouillardes, motivées par le projet, et toujours enthousiastes quand on leur rend visite. Que ce soit pour fabriquer des shampoings naturels, des remèdes contre la dengue ou autres maladies, les familles sont toujours surprenantes et riches de connaissances. Je leur rends visite au minimum deux fois par semaine avec le traducteur et c’est toujours un plaisir. Un accueil chaleureux nous est souvent réservé ! Elles apprécient de discuter avec le traducteur car il suit le projet depuis longtemps et est aussi très impliqué. Elles sont aussi heureuses de nous montrer les résultats de leur travail, nous n’hésitons pas à les féliciter et nous repartons quelques fois avec des légumes offerts en guise de remerciements. J’y vais aussi seule de temps en temps pour voir si tout va bien et pour leur apporter ce dont elles ont besoin. Dans ces cas-là, la communication est plus laborieuse mais les éclats de rire sont toujours au rendez-vous ! La barrière linguistique est une difficulté dans ce projet car on est constamment en contact avec le terrain, alors j’essaie petit à petit de retenir les noms des légumes, les chiffres et les mots importants en khmer. Ces visites régulières leurs permettent de se sentir soutenues et garder leur motivation.
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Tous les mercredis a lieu la réunion hebdomadaire où l’on prévoit les livraisons de la semaine suivante. On en profite aussi pour payer les femmes pour les livraisons qu’elles ont effectué la semaine passée. Ces réunions se déroulent en présence de la cuisinière afin d’élaborer les menus et du directeur de l’école. Pour les femmes, ce rassemblement est essentiel car c’est le moment où elles reçoivent la récompense de leur travail. Elles peuvent aussi partager leurs expériences, leurs réussites, leurs inquiétudes, c’est vraiment beau de les voir toutes réunies. Chacune a son histoire et sa personnalité mais toutes ont la même motivation et énergie qu’elles expriment différemment.
En ce moment, les familles produisent toutes sortes de légumes : des wax gourds, luffa gourds, citrouilles, aubergines, oignons, maïs, morning glory, concombres, chilis, épinards, haricots, etc. La saison des pluies ne leur fait pas peur, au contraire elles sont bien décidées à produire beaucoup de légumes pour la rentrée scolaire en octobre ! Cet été, certaines d’entre elles ont même agrandi voire doublé leur potager. Elles se rendent compte que cette activité d’agriculture leur permet d’augmenter leur revenu et de faire évoluer leur situation. C’est une grande victoire pour le Bayon que les femmes puissent améliorer la qualité de vie de leur famille grâce à ce projet.
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Notre objectif est maintenant de permettre aux familles d’avoir une production régulière afin de dégager des revenus stables et de faciliter la gestion des menus pour la cantine. Nous essayons également de leur fournir de plus en plus des graines non hybrides qu’elles peuvent réutiliser pour qu’elles soient plus autonomes et qu’on puisse facilement diversifier la production.
Nous souhaitons également accueillir de nouvelles familles dans le projet. Une fois qu’elles auront été choisies, il sera important de bien leur expliquer les rotations à mettre en place afin que la production puisse être stable dès le début. Qui dit nouvelles familles, dit plus de légumes : un partenariat avec un magasin de producteurs est en création. Il serait déjà prêt à accepter le surplus de légumes que les familles n’arriveront pas à vendre à la cantine.
Ce projet permet non seulement aux enfants de l’école de bien se nourrir, mais aussi et surtout aux familles de s’émanciper et gagner en confiance à travers les responsabilités qu’on leur donne. Participer au développement du projet Potagers est une belle mission, humaine, variée et valorisante ! »

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, 17 septembre 2019