Hors catégories :

TÉMOIGNAGE D’UNE ANCIENNE ETUDIANTE

Maelys : Qu’as-tu appris pendant ta formation au Bayon ?
Sothoan : Ma formation a été très bénéfique ! J’ai pu à la fois apprendre l’anglais, l’informatique, la pâtisserie et mettre en pratique mes compétences techniques au sein du pastry lab et de mes stages sur le terrain. Mes expériences au Park Hyatt & à l’Hôtel Heritage m’ont en effet permis d’acquérir une certaine rigueur et d’élargir mes compétences en pâtisserie et boulangerie.
A l’école du Bayon, les professeures m’ont enseigné un savoir-faire et savoir vivre, qui m’ont permis de devenir une femme indépendante !

Maelys : As-tu aimé la vie en communauté avec les autres étudiantes ?
Sothoan : Oui j’ai beaucoup aimé, c’est un peu comme une deuxième famille. On dormait dans la même chambre, prenait nos repas ensemble, on faisait toujours pleins d’activités, comme jouer au football ou encore lire des livres. J’ai certes appris un métier, mais surtout, j’ai créé une deuxième famille.

60896454_383927035561402_71486248454235095wEB)

Maelys : Aujourd’hui, as-tu gardé tes amis du Bayon ?
Sothoan : Je me suis fait pleins d’amies, au moins 16 ! Tu imagines ?
Je les vois tout le temps, on va faire du shopping ensemble, on se balade à Angkor Wat, et de temps en temps on rend visite à Sokhoeurn notre ancienne cheffe pâtissière à l’école du Bayon.

Maelys : Comment as-tu trouvé un travail après ta formation ?
Sothoan : L’équipe du Bayon m’a accompagnée tout au long de mes recherches. Grâce à mon niveau d’anglais et mon expérience, j’ai trouvé facilement un travail à Bang Bang Bakery. À présent je vis de ma passion, et j’en suis fière !

Maelys : Quelles sont tes responsabilités et tes horaires à Bang Bang Bakery ?
Sothoan : Je suis pâtissière et boulangère, mais lorsqu’il y a trop de monde, je me transforme en serveuse. Ici, je dois être polyvalente !
Je commence à 7h et je finis à 15h. Ce sont de bonnes journées.

60805045_339346779984812_3235409773293WEB

Maelys : Que font tes parents dans la vie ?
Sothoan : Ma mère est fermière, mon père, lui, est mort il y a 11 ans. Avant il travaillait en Thaïlande pour faire vivre la famille.

Maelys : Qu’est-ce que ta famille pense de ton travail ?
Sothoan : C’est une grande fierté pour ma mère ! Grâce à ma réussite professionnelle, j’aide ma famille à vivre.

Maelys : Quel est ton salaire ?
Sothoan : J’ai commencé il y a un an à gagner $160, et aujourd’hui grâce à mon professionnalisme je gagne $ 200/mois.

Maelys : Quel serait ton travail de rêve ?
Sothoan : Je voudrai devenir professeure en pâtisserie et transmettre mon savoir. C’est selon moi, le plus beau métier que je pourrais exercer.
Et en parallèle, j’aimerais créer ma propre pâtisserie-boulangerie ! C’est mon rêve le plus cher, mais avant cela, je dois économiser, et avoir plus d’expériences !

, 20 juin 2019

EMBARQUEZ DANS LE PROJET TUKTUK BAYON

Anne-Laure : « Tu soutiens l’Ecole du Bayon ? Je ne connais pas, mais ça m’intéresse. J’aimerais que mes deux ados aient l’occasion de donner, aider et partager différemment.
Babeth (ambassadrice de l’école du Bayon à Singapour) : On en reparle autour d’un café ? »

Un café, une Alice et un Marco plus tard, le projet de la Tuk Tuk Team est lancé ! Quatre adultes et bientôt 15 jeunes pour construire un voyage unique et ambitieux aux côtés de l’Ecole du Bayon.

Côté Singapour, l’idée est de faire grandir les lycéens français en leur faisant découvrir une autre réalité. Le projet va les pousser à se dépasser pour les autres et à construire ensemble une action concrète à destination des personnes qu’ils veulent aider.
Côté Siem Reap, l’objectif est de permettre aux lycéens cambodgiens de s’ouvrir sur l’international, de comprendre l’importance de l’anglais pour communiquer et surtout de profiter de la présence des lycéens français pour se rassembler à l’Ecole du Bayon.
Un échange interculturel pour consolider le sentiment d’appartenance à cette école et favoriser l’entraide future !

IMG_6737WEB

Le « recrutement » des jeunes français s’est fait via le bouche-à-oreille et grâce aux réseaux so-ciaux.
15 jeunes ont fait partie de l’aventure. Les motivations étaient diverses : la curiosité de rencontrer l’autre, l’envie de se rendre utile, d’agir, ou tout simplement de faire quelque chose avec son/sa meilleur(e) ami(e). En tant qu’accompagnateurs, nous avons observé que le comportement des adolescents était en adéquation avec le projet. Ils se sont mobilisés pour les opérations de levée de fonds et ont agi en équipe en se décentrant d’eux-mêmes pour répondre à un objectif com-mun.

A l’arrivée à Siem Reap, les jeunes ont été accueillis par les lycéens du programme follow-up de l’école du Bayon. Pendant cinq jours, ils ont mené différentes activités :
• cuisine : confection de bocaux de caviar d’aubergine avec les légumes produits dans les potagers des familles de l’école.
• sport : lancement d’un match de foot pour faire connaissance
• talent show : planification d’un flash mob commun entre les français et les khmers pour présenter une chorégraphie lors de la soirée finale
• garden by Bayon : travail sur la remise en état du potager d’une famille

d7feced2-175b-43de-8fc5-01d9ada64396-2WEB

Tout comme pour les levées de fonds en amont (vide-grenier, vente de gâteaux, soirée, opération fundraising), la Tuk Tuk Team s’est impliquée à fond dans chacune des activités.

Au cours des cinq journées passées à l’école du Bayon à Siem Reap, nous avons tous vécu des mo-ments très forts avec les jeunes lycéens, nous pourrions en citer quelques-uns :
– la leçon de danse khmère et le flash mob avec les élèves de l’école primaire : une communion autour de l’expression corporelle et des fous rires réciproques,
– la visite, avec Soky et les follow-up, du village voisin et l’émotion de comprendre le travail colossal que fait l’Ecole pour les enfants,
– le binage, bêchage, la culture et la renaissance d’un potager aux côtés des follow-up, qui a été une action concrète, utile et pérenne pour une famille du Bayon,
– la soirée d’adieu et sa folie… Avec des jeunes, de la musique et un bon repas, un cocktail parfait pour adolescents de tous horizons.

60511160_361942874450553_7647376475267530752_nWEB

Rendez-vous l’année prochaine pour poursuivre cette belle aventure.
Alice, Marco, Babeth et Anne-Laure, toujours à fond pour le Bayon ! Pour nous soutenir!

LES VISITES DE FAMILLE AVEC MARINE

« En travaillant aux bureaux de l’ONG à l’école de pâtisserie en ville, nous sommes un peu comme dans une bulle, loin de la réalité du terrain, avec les odeurs de croissants, les open-air cinéma, les touristes et la communauté d’expatriés qui viennent commander leurs gâteaux d’anniversaire… Même en faisant des allers-retours quotidiens à l’école primaire dans les temples, nous pouvons en oublier d’où viennent nos étudiantes et étudiants. Là-bas, ils sont tous habillés de la même façon avec leurs jolis uniformes blanc et bleu, ils viennent nous saluer respectueusement d’un « Tchum Ripsour ! » les mains pressées l’une contre l’autre ; ils rient, ils courent, et semblent heureux, loin de tout problème. Toujours souriants, jamais un pleur, ces enfants nous impressionnent sans cesse.

Mais les visites de familles permettent de nous rappeler d’où ils viennent, la réalité de nos programmes et l’impact de nos actions.

20190607_094015WEB

Soky, notre assistante sociale chargée de l’école primaire, doit réévaluer le niveau social de l’ensemble des familles des étudiants chaque année. C’est un immense travail de terrain qui prend du temps et demande beaucoup d’énergie physique et mentale. Elle doit rendre visite à chaque famille et remplir le questionnaire qui a été prédéfini avec l’équipe sociale. Professions et salaires des membres du foyer, caractéristiques de la maison et du terrain, prêts et remboursements… Les familles doivent accepter de se mettre à nue et de dévoiler leurs faibles ressources. C’est le moment qu’elles choisissent pour parler de leurs problèmes si Soky n’est pas déjà au courant : le mari vient de s’en aller avec une autre femme, le fils a arrêté l’école pour travailler et aider la famille, du riz a dû être emprunté aux voisins… Les situations sont très diverses et aucune famille ne se ressemble.
Pour ces visites Soky ne se déplace jamais seule. Un barang, c’est-à-dire un blanc, l’accompagne à chaque fois. Nous la suivons sur les chemins de terre et de sable, de flaques dues à la saison des pluies, sans oublier les plastiques à perte de vue. Nous arrivons ensuite dans la famille où tous les échanges se font en Khmer. Nous aidons à prendre les photos de la maison et posons des questions complémentaires. Pour certains membres de l’association, c’est l’occasion de se rendre pour la première fois dans les villages, dans les familles, dans cet environnement à part entière où le temps semble s’arrêter.

IMG_0830-WEB

Même sans parler khmer, nous pouvons analyser les visages, les expressions, les silences et les intonations de chacun. Saisir les gênes et les détails qui voudraient rester cachés. Compliqué dans cette culture où il ne faut pas perdre la face… Analyser quelle famille est plus en difficulté qu’une autre est une lourde tâche. Comment comparer un orphelin à une famille qui a un parent gravement malade, à un foyer avec 10 membres sous le même toit, à une autre dont l’enfant a un grave handicap mental qui n’est pris en charge nulle part au Cambodge ? C’est le dur travail de Soky qui est en permanence dans les villages au contact de nos familles. Ecouter et comprendre sans se laisser submerger par ses émotions, garder une distance tout en gardant son humanité.

De notre côté, la journée est finie, nous retournons dans notre cocon en ville. Mais tous ces visages, toutes ces familles vulnérables qui vivent dans ces maisons en bois, sans eau, sans électricité, au contact des chiens remplis de puces et des moustiques tigres ne nous ont pas laissés indifférent. Ils nous rappellent le choix que nous avons fait, pourquoi nous nous levons tous les matins, au cas où nous aurions tendance à l’oublier. »

IMG_0833WEB

SOKY & CHHEIN :
deux femmes engagées pour l’éducation
des plus défavorisés.

Chhein est arrivée dans l’équipe du Bayon en janvier 2018. Elle est originaire de la province de Banteay Mean Chey au nord-ouest du Cambodge et a grandi dans une famille de 7 enfants. Comme beaucoup d’enfants Khmers, elle a pris soin très jeune de ses petits frères et sœurs. C’est certainement ça qui lui a donné le goût pour l’éducation et le soutien des jeunes enfants.

Après le lycée, elle a suivi une formation pour devenir institutrice en école primaire, métier qu’elle a exercé pendant un an dans sa province natale. Même si cette activité lui plaisait, elle a décidé de reprendre ses études pour devenir assistante sociale, métier plus stimulant et plus avantageux au niveau salarial.
Elle a donc suivi une licence de management à l’université de Siem Reap. Une fois diplômée, elle a été recrutée par l’association Enfant du Mekong, pour laquelle elle a travaillé 3 ans, puis par l’association japonaise Kimonos.
Au cours de cette dernière mission, elle était chargée d’aider des jeunes femmes à gagner en autonomie et en responsabilité. Pour ce faire, elle a mis en place un soutien social complet et des cours de développement personnel.

P1030455-WEB

A son arrivée à l’école du Bayon, Chhein a bénéficié des bons conseils de Tep, son prédécesseur qui a occupé le poste de responsable social pour l’école de pâtisserie du Bayon pendant 1 et demi.
Il lui a présenté en détail ses futures missions :
– prendre en charge le recrutement des étudiantes,
– évaluer le niveau social des familles des candidates,
– diriger les cours de développement personnel (entrainement aux entretiens d’embauche, préparation des CV…),
– soutenir les étudiantes dans leur quotidien à l’école et leur apporter l’aide médicale nécessaire,
– trouver des stages dans une sélection d’hôtels et de restaurants à Siem Reap,
– trouver des emplois pour les jeunes diplômées à la suite de la formation.

Chhein a rapidement pris sa place au sein de notre équipe, et a vite eu le surnom amical de « Chhein Chhein ». Ce qu’elle préfère le plus dans son travail, c’est la relation qu’elle entretient avec les étudiantes de l’école de pâtisserie. Elle les accompagne au quotidien en les informant et en leur apportant son aide sur différents sujets.
Elle souhaite profondément les pousser à devenir des femmes fortes et indépendantes. Elle aimerait que chacune réussisse à se construire un avenir professionnel et un projet à long terme en accord avec ses envies.

P1030514WEB

Chhein aurait aimé recevoir un soutien comme celui-ci quand elle était jeune mais sa famille l’a davantage poussée à arrêter ses études pour travailler dans le champ familial et à se marier. Heureusement, elle est parvenue à faire front et après l’obtention de son diplôme en Grade 12 (l’équivalant du baccalauréat) elle a donné des cours de soutien à des élèves de primaire pour se payer ses études.
Elle se dit aujourd’hui très fière du chemin parcouru. Par ailleurs, elle vient de donner naissance à une magnifique petite fille. Avant de partir en congé maternité, elle nous confiait qu’elle souhaitait vraiment être un soutien pour sa fille dans son parcours et son orientation. Chhein l’aidera à trouver de bonnes solutions afin qu’elle devienne une femme indépendante.

56618692_2372907766106766_4837789555203506176_n-WEB

Merci Chhein pour ton implication et encore une fois bravo pour cet heureux événement !

LES JOYAUX DE KAMPOT OFFERTS PAR FAIR FARMS
A L’ECOLE DU BAYON

Depuis 2 ans nous vendons du poivre de Kampot au profit de l’école du Bayon. Ce dernier nous est offert par Fair Farms, une société qui a été créée au Cambodge en 2014.
Nous mettons ce poivre dans de petits sacs en Krama (tissu traditionnel cambodgien) confectionnés par la maman d’un élève de l’école primaire. La vente de ces sachets nous permet de soutenir notre association. Le poivre peut-être acheté au Coffee Shop de l’école de pâtisserie mais aussi à l’occasion d’événements extérieurs comme le gala de charité à Paris, notre partenariat avec Albert Menez et des ventes diverses à Singapour et au Cambodge…
De plus, le travail de confection de ces sachets permet à cette maman de dégager un revenu complémentaire qui participe à l’amélioration des conditions de vie de sa famille.
La totalité du fruit de ces ventes revient à l’école du Bayon et nous aide à scolariser les enfants démunis vivant autour des temples d’Angkor.
cqsc

La société Fair Farms commercialise « Les Joyaux de Kampot », et son nom reflète la volonté de ses fondateurs : être équitable et aider la population locale.
“La philosophie de Fair Farms s’articule autour de 2 axes majeurs: le respect de la terre via une agriculture raisonnée 100% bio et le respect de l’humain via la mise en place d’une charte de responsabilité sociale afin d’améliorer au maximum les standards de vie de nos employés. Vacances, congés maternités, assurances, salaires confortables, repas, éducation… Nous prenons soin de notre farmily!” Norbert Binot – Fondateur de Fair Farms.
L’équipe est composée de fermiers expérimentés qui cultivent le poivre depuis des générations. Ils contrôlent chaque arbre pour s’assurer de leur bonne santé et des tests gustatifs sont effectués chaque jour pour maintenir une qualité optimale.
zefzefv

Les techniques de productions des « Les Joyaux de Kampot » sont 100% bio et traditionnelles :
– Arrosage manuel pour un meilleur contrôle des maladies & insectes
– Utilisation de ficelles naturelles faites sur place pour éviter une pollution des sols
– Respect des méthodes de culture traditionnelles
– Engrais naturels
– Récolte et tri manuels
– Séchage au soleil sur tables surélevées dans un espace clos pour éviter toute contamination avec le sol ou les animaux ou insectes.
Fair Farms garantie ainsi une qualité optimale. Ce produit est certifié AB et la société est la première et unique certifiée commerce équitable « Fair For Life » du Cambodge. De plus, les responsables de Fair Farms sont très engagés dans la protection de l’environnement et allouent 2% de leur chiffre d’affaire à différents projets de développement (recyclage de plastique et de verre, création d’un premier filtre à eau pilote à la ferme…).
Cette qualité permet à Fair Farms de compter parmi ses clients certaines des plus grandes tables de la gastronomie : Pierre Gagnaire, Romain Meder, le centre de formation Alain Ducasse, Julien Royer, Alexandre Couillon, etc.
qscqscsqc

L’école du Bayon remercie Fair Farms et ses responsables pour leur soutien fidèle et pour leur travail qui « fait pousser le Cambodge » et notre action. Bravo !
zefze
, 3 mai 2019