Le Coffee Shop :
plus populaire que jamais !

L’objectif que nous nous étions fixés lors de l’ouverture du coffee shop en 2015 était clair : maximiser le financement de la formation proposée à l’école de pâtisserie du Bayon.
La concurrence étant féroce à Siem Reap, notre équipe a réfléchi aux moyens d’augmenter la visibilité du Coffee Shop pour augmenter le trafic.
Avec l’installation de drapeaux et de flèches à proximité du Coffee Shop, de panneaux sur dix tuk-tuks circulant dans Siem Reap ainsi que la peinture du mur à l’entrée de la ruelle qui mène au Coffee Shop… il est maintenant impossible de nous rater ! D’autre part, la présence du café dans le guide du Routard 2018 et les excellents avis laissés par les clients satisfaits sur TripAdvisor ont en effet eu des retombées très positives.

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Le trafic grandissant, il fallait tout faire pour professionnaliser l’équipe et continuer de satisfaire les nouveaux clients.
Notre équipe a pour cela organisé des formations surnommées «Perfect Coffee Shop». Celles-ci devaient leur permettre de :
– concentrer les efforts de vente sur l’optimisation du café,
– rendre l’expérience client inoubliable en formant le staff à l’hygiène et au service,
– réviser la liste des produits et leur prix de vente.
Les actions de trafic, de visibilité et de formation ont porté leurs fruits : les ventes des mois qui ont suivis ont été les meilleurs jamais enregistrés :
– $3 500 en décembre 2017 (contre $2 115 en décembre 2016)
– $3 160 en janvier 2018 (contre $2 000 en 2017)
– $3 800 en février 2018 (contre $2 310 en 2017)
Le mois de février est le mois record de l’histoire du Coffee Shop avec plus de 60 % d’augmentation du chiffre d’affaire.
Il faut savoir que la maximisation des ventes passe également par les partenariats extérieurs avec les professionnels de Siem Reap (hôtels, restaurants, agences de voyage…) qui eux aussi sont en progression.
L’école de pâtisserie du Bayon a notamment participé à de nombreux événements organisés dans Siem Reap (festivals, village du marathon d’Angkor…).

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L’événement le plus marquant de ce début d’année restant l’organisation d’un buffet de desserts khmers. Prévu pour 80 personnes à la demande de l’agence de voyage Asian Trails, ce dernier a rapporté plus de $1 000 à l’association. Ce fut l’occasion rêvée pour investir dans du matériel nous permettant aujourd’hui d’ajouter le service « traiteur » à nos offres.
D’autre part, nous espérons que le lancement du Bayon food-truck il y a quelques semaines servira notre notoriété. Nous sommes encore à la recherche du vendeur parfait et de l’emplacement stratégique mais nous espérons que le food-truck nous permettra à terme de vendre les produits préparés par les étudiantes et d’envoyer de nouveaux clients vers le Coffee Shop.
Un grand merci à Sokhoeurn (cheffe pâtissière de l’école du Bayon), à Chloé (responsable des ventes) à Lucie (volontaire chargée du développement du Coffee Shop) ainsi qu’à l’ensemble du staff : Sy Chey, Sreyneang, Sreyleak, Sothyea et aux étudiantes qui sont toujours volontaires pour apporter leur aide.

, 14 mars 2018

Artistes et sportifs
ont rendez-vous à
l’école du Bayon.

Dès le mois d’octobre, l’installation de buts de football dans la cour de l’école primaire nous avait mis devant une évidence : nos élèves adorent le sport ! Très demandeurs et motivés, 25 d’entre eux s’étaient par exemple présentés au premier match organisé par Augustin (alors qu’il n’en avait convoqué que 12…). Ils ne s’attendaient sans doute pas à encaisser plus de 12 buts et n’en marquer qu’un…
Il faut reconnaître que plusieurs choses ont joué en leur défaveur : l’angoisse du premier match, le niveau d’entrainement et l’équipement de leurs adversaires. Le Next Steps FC de Siem Reap s’est révélé être une équipe espoir et ses joueurs ont refusé de jouer sans leurs chaussures à crampons alors que nos élèves, eux, jouaient pieds nus.
Mais cette défaite ne les a pas découragés, pour preuve, ils ont remporté les deux matchs qui ont suivi et attendent le prochain avec impatience !

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Cet engouement nous a poussé à intégrer une heure de cours de sport hebdomadaire dans le programme scolaire des élèves. Nous avons donc recruté début février un professeur de sport. Sa fiche de poste prévoit : l’initiation à différents sports (le football mais aussi le volley ou la course à pied) et l’organisation de tournois avec d’autres écoles. Bonne nouvelle, ce dernier semble avoir trouvé rapidement sa place parmi les professeurs de l’école et les élèves l’adorent. Il nous permet ainsi d’assurer la pérennité de l’action d’Augustin à l’école du Bayon.
Sur la même dynamique Lucie a quant à elle, recruté deux professeurs de danse traditionnelle. Toutes les deux sourdes et muettes, elle les avait repérées à l’occasion du show qu’elles donnent chaque semaine dans un restaurant de Siem Reap. Elle les a contacté via l’association Krousar Thmey (active dans l’éducation des enfants handicapés) pour leur proposer de donner des cours à l’école primaire. Emballées par cette proposition, les deux jeunes filles donnent désormais une heure de danse traditionnelle par semaine aux étudiants des Grades 5 et 6. La participation à ces séances se fait sur la base du volontariat et garçons et filles sont libres d’y participer s’ils le souhaitent.
Ces enseignantes hors du commun sont particulièrement expressives et parviennent en toute simplicité à dépasser leur handicap et à capter l’attention des élèves. Les élèves sont même très amusés par cette nouvelle activité et ont l’impression d’apprendre la danse avec leurs deux grandes sœurs.
Ensemble, ils préparent un spectacle de fin d’année qui promet d’être très émouvant.
Enfin, Gilles, volontaire pour le Bayon pour la 3ème année consécutive, travaille actuellement avec nos élèves sur un projet artistique autour du bambou. Nous vous invitons à suivre la conception de cette œuvre sur nos réseaux sociaux.

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4ème promotion à l’école de pâtisserie :
bilan à mi-parcours.

Les étudiantes de l’école de pâtisserie arrivent au milieu de leur formation de onze mois, l’occasion pour nous de faire le point sur la 4ème promotion.
Nous avons pour cela interrogé les deux responsables de formation : Marie (professeure d’anglais, de gestion et d’informatique) et Sokhoeurn (professeure de pâtisserie).
L’enseignement à un public khmer était une première pour Marie. C’est un exercice pas toujours simple mais elle y prend beaucoup de plaisir ! Chacune des matières qu’elle enseigne lui permet de découvrir une nouvelle facette de cette belle culture et d’en savoir plus sur les étudiantes.
Pour l’enseignement de l’informatique, elle a dû reprendre les bases car les étudiantes viennent de milieux très pauvres et certaines n’avaient jamais vu d’ordinateur. Imaginez les difficultés rencontrées par ces jeunes filles durant l’atelier sur la cartographie : elles ont eu beaucoup de mal à comprendre que leurs villages pouvaient être localisés au milieu d’un espace numérique…

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Toutefois, les filles adorent cette matière et certaines commencent même à utiliser les ordinateurs durant leur temps libre pour connaître les résultats de l’équipe de football de Battambang ou pour chercher de nouvelles recettes.
Autre matière, autre engouement : les cours de mathématiques viennent de se terminer et les étudiantes en sont ravies !
Concernant l’anglais, leur niveau reste élémentaire mais s’améliore de semaine en semaine. Elles commencent par exemple à maîtriser l’emploi du passé. L’étude de la grammaire représente la majeure partie du programme, mais Marie met également l’accent sur le Coffee Shop training : un atelier dans lequel les étudiantes s’expriment à l’oral et mettent en pratique l’apprentissage du vocabulaire. C’est idéal pour renforcer leur confiance en elle et la fluidité de leur anglais !

Pour Sokhoeurn l’apprentissage du savoir-vivre et des bonnes manières est également essentiel.
Ses cours sont divisés en deux thématiques principales : l’apprentissage théorique de la pâtisserie (en salle de classe) et l’apprentissage technique (en cuisine). Sokhoeurn dit souvent à ses étudiantes «même si je suis votre professeur, je continue d’apprendre à vos côtés et c’est la plus belle de mes victoires ». Ainsi, ses priorités sont que les étudiantes assimilent les bonnes techniques et prennent plaisir dans l’apprentissage de la pâtisserie.
Sokhoeurn estime qu’il y a cette année beaucoup de disparités entre les étudiantes. Ainsi, elle prévoit l’année prochaine une classe préparatoire dès la rentrée afin que les étudiantes se familiarisent avec le vocabulaire de la pâtisserie et avec leur nouveau lieu de vie. La cheffe pâtissière nous a sur ce point confié que certaines étudiantes se sont retrouvées désarmées face aux boutons d’allumage des fours à pâtisserie. En plus de les mettre en confiance, cette introduction leur permettra de partir avec les mêmes chances de réussite.

Au bout du compte, les deux responsables de la formation en pâtisserie estiment, à ce stade de l’année, que même si elles ont des profils très différents, toutes les étudiantes de la 4ème promotion seront en mesure d’obtenir leur diplôme aux examens de juin prochain.

Le Dr Lebois et le Bayon : la naissance d’une addiction

« Médecin à la retraite, j’ai décidé il y a quelques années avec ma femme Michèle d’apporter mon aide à l’Ecole du Bayon. Notre histoire d’amour avec l’école a débuté dès 2006. Elle n’accueillait à cette époque que 30 élèves. Quel chemin parcouru depuis grâce à l’énergie et au dynamisme des différents présidents et de l’équipe basée à Siem Reap !
L’an dernier, nous étions venus à Siem Reap pour notre première mission santé à l’Ecole du Bayon mais nous n’étions malheureusement restés que 3 semaines. Le bilan de ce court séjour avait néanmoins été plutôt encourageant : grâce au déjeuner servi chaque jour, les élèves étaient plutôt en bonne forme (on peut même dire que certains débordaient de vitalité !). Toutefois, leur état dentaire restait pour beaucoup déplorable. Nous avions donc quitté le Cambodge en 2017 avec le projet de revenir pour mettre en place notamment des actions de soins dentaires.
Lors de notre retour en janvier 2018, nous étions très impatients et émus de retrouver l’école et ses enfants si attachants.

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Les échanges avec l’équipe sur place nous ont incités à prévoir plus que les actions dentaires : nous avons tout d’abord terminé la visite médicale des élèves (commencée par ma consœur Laurence quelques mois plus tôt), puis mis en place des campagnes de prévention à l’hygiène et aux soins dentaires aux élèves et aux professeurs, contrôlé les stocks de médicaments. Restant plus longtemps sur place, nous avons pu cette année prendre contact avec les structures médicales locales et comprendre leur fonctionnement. Arrivés à Siem Reap avec nos yeux d’occidentaux, nous pensions que tout irait vite mais nous avons dû nous habituer au rythme khmer. Pour effectuer toutes ces missions, il ne nous a finalement pas fallu un mois, ni deux mais quasiment trois … à notre plus grand plaisir !

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Cette expérience est profondément épanouissante : un réel plongeon dans la culture khmère. Nous avons fait de magnifiques rencontres et avons tissé des liens forts avec l’équipe sur place. Les élèves de l’école se sont eux aussi attachés à nous. Chaque jour nous allons à l’école primaire pour panser leurs diverses plaies. Ce moment d’attention particulière est aussi pour nombre d’entre eux l’occasion de se défouler, de jouer et de rire : de vrais instants de plaisir pour les patients comme pour les soignants ! Nous avons eu du succès comme en témoignent les fans toujours plus nombreux qui se pressent devant l’infirmerie. Il y en a même qui cherchent un bobo qu’il pourrait faire soigner afin de repartir avec un beau pansement (qui bien sûr aura disparu dès le lendemain…). La joie de ces élèves nous a profondément touchée ! Quel bonheur de les voir jouer dans la cour après le déjeuner. Ces petits moments sont sacrés car ils leur permettent d’échapper à la misère qui les attend une fois rentrés chez eux. Des moments forts également quand nous revenions de chez le dentiste entassés à onze dans un tuk-tuk, ce qui amusait beaucoup les enfants.
Nous pensions cette année pouvoir faire quelques escapades touristiques mais le temps nous a manqué… et puis il faut bien en garder pour l’année prochaine et les suivantes, car nous nous sommes engagés à revenir encore quelques années pour continuer à suivre les élèves, sensibiliser les familles aux mesures d’hygiène, mettre en place une campagne de vaccination… un vaste programme !!! Nous attaquons le dernier mois sur place avec un peu de nostalgie tempérée par nos projets futurs.
Notre plus belle récompense et nos plus beaux souvenirs restent leurs sourires. »

Jean-Pierre & Michèle Lebois

Six mois exceptionnels racontés par nos volontaires.

« Alors que notre expérience cambodgienne touche à sa fin, nous souhaitons partager notre ressenti sur la mission de six mois que nous avons vécue à l’Ecole du Bayon.
Jeune couple récemment marié, travaillant respectivement en finance et en marketing, nous avons décidé de prendre une pause dans des vies parisiennes bien chargées ! Ce congé sabbatique visait à répondre à un double souhait : donner de notre énergie de manière gratuite à des personnes qui en ont besoin et prendre davantage de temps pour construire notre vie de couple. Six mois plus tard, nos attentes ont été plus que comblées !
Plusieurs missions nous ont été confiées par Baudouin et Charlotte, à la fois à l’école de pâtisserie et à l’école primaire. Lucie a été très impliquée sur la gestion quotidienne du Coffee Shop, notamment pour accompagner les trois serveuses : Sreyleak, Sothyea et Sreynang. Elle a par ailleurs mené à bien deux projets :
– la vente de poivre de Kampot au Coffee Shop dans des sachets en krama conçus par des mamans de l’école primaire qui a permis à ces mamans d’obtenir un petit complément de revenu,
– le lancement d’un food truck destiné à vendre les pâtisseries du Bayon dans Siem Reap, avec l’idée d’en faire un vecteur de communication pour le Coffee Shop.
Augustin de son côté a passé l’essentiel de son temps à l’école primaire où il a aidé les travailleurs sociaux à conduire plusieurs projets :
– l’organisation de sorties régulières dans Siem Reap pour les élèves des Grades 5 et 6 afin de stimuler leur ouverture d’esprit (visites de Krousar Thmey, ONG scolarisant des enfants sourds et aveugles, d’une entreprise sociale recyclant du papier, sortie au stade pour aller supporter l’équipe de football professionnelle de Siem Reap, etc.).
– la mise en place de cours de sport avec le recrutement d’un professeur d’EPS khmer. Lucie a par ailleurs permis le lancement de cours de danse Apsara, en partenariat avec l’ONG Krousar Thmey.
– la création d’une équipe de football à l’Ecole du Bayon.
– le lancement de jardins potagers dans une dizaine de familles de l’école primaire avec l’aide de l’ONG Agrisud, dans le but de fournir la cantine en légumes organiques et d’assurer ainsi un revenu complémentaire à ces familles.

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Si nous avons été très heureux d’être impliqués sur tous ces projets, la plus grande richesse de ces six mois restera incontestablement les rencontres que nous avons pu faire. Elles nous ont aidé à réellement vivre avec les khmers, à essayer de les comprendre et à ne pas limiter notre expérience à du « faire ». Logés dans l’enceinte de l’école de pâtisserie, nous avons vécu le quotidien des étudiantes, partageant régulièrement leur dîner et leur donnant de temps en temps un coup de main pour les devoirs ! Cette expérience du « vivre avec » s’est prolongée à l’école primaire (notamment au cours des nombreuses parties de football et de volleyball) et au travers des visites de familles régulières que nous avons faites avec Soki, l’assistante sociale de l’école primaire. Les enfants nous ont souvent donné de véritables leçons de vie, affichant toujours le sourire malgré les difficultés qu’ils endurent dans leur vie familiale. Après six mois ils sont un peu devenus nos héros, nous à qui la vie a donné tellement plus de chances à la naissance ! Enfin, le dynamisme et la bonne humeur des volontaires occidentaux présents avec nous à l’Ecole du Bayon ont rendus cette expérience encore plus forte !
Le retour à la vie parisienne, loin des rizières et des temples d’Angkor, s’annonce rude mais nous nous consolons d’avance en nous disant que nous avons vécu auprès des khmers une aventure qui nous marquera à vie. Nous passons le flambeau aux nouveaux volontaires, en leur souhaitant de vivre six mois à la hauteur de ceux que nous avons connus ! »

Lucie & Augustin