SANTE AU CAMBODGE : DIAGNOSTIC SANITAIRE AUPRES DES FAMILLES DES ELEVES DE L’ECOLE PRIMAIRE

L’Ecole du Bayon souhaite en 2020 apporter une aide concrète en matière de santé et d’hygiène aux familles des élèves scolarisés à l’école primaire. Les enquêtes sociales annuelles réalisées auprès des familles se sont donc doublées d’enquêtes médicales pour bénéficier d’une vision exhaustive de la situation et ainsi identifier les actions prioritaires à mettre en place pour améliorer leurs conditions sanitaires. Retour sur ces visites et l’objectif de ce suivi grâce au témoignage de Romain, notre volontaire – référent santé.

Jusque-là réservé aux enfants, que ce soit de l’école primaire, de l’école de pâtisserie ou des lycéens, le projet Santé de l’association s’organise aujourd’hui autour de la visite médicale annuelle réalisée par Jean-Pierre et Michèle, nos référents médicaux bénévoles. Suite à leurs recommandations, les élèves concernés bénéficient de soins bucco-dentaires et ophtalmologiques, via des partenariats avec d’autres structures de santé. Les éventuels cas complexes sont pris en charge et réorientés vers les hôpitaux compétents. Pendant leur présence, l’infirmerie animée par Jean-Pierre et Michèle fait également le plein tous les jours. Enfin, des kits d’hygiène sont distribués trimestriellement à tous les élèves.infirmier-ecole-primaire
L’équipe Santé est cette année composée de Jean-Pierre, Michèle, Soky et moi-même, volontaire d’un an et nous sommes en cours de recrutement d’un infirmier scolaire.

Notre volonté est à présent de renforcer, de développer et surtout d’ouvrir ce projet Santé aux familles. Pour mener à bien cet objectif et identifier les champs d’action prioritaires à traiter, nous avons pris le parti de réaliser un état des lieux global et approfondi de la situation santé et hygiène dans les familles. Nous avons profité des enquêtes sociales réalisées annuellement pour enquêter auprès d’elles la thématique de la santé. Le périmètre de l’étude s’est concentré aux familles des élèves de l’école primaire.

Un questionnaire a été élaboré en concertation entre l’équipe sociale et l’équipe Santé. Les sujets sont nombreux : logement, accès à l’eau, santé maternelle, historique médical, rôle des croyances locales, recours aux soins et lieux de prise en charge, dépenses médicales.
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Entre décembre et début mars, les 162 familles de l’école primaire ont été rencontrées pour comprendre leur situation et échanger avec elles autour de leurs problématiques. Toutes les visites ont été réalisées à minima avec Jean-Pierre, notre médecin, et l’un de nos 3 assistants sociaux khmers, Soky, Chhein et Srotom. Les familles ont accueilli favorablement cette enquête ; elles se sont livrées avec confiance sur leurs difficultés et sont maintenant en attente des réponses que nous pourrons leur apporter.

Tant les éléments déclaratifs récoltés lors des enquêtes que les observations visuelles réalisées sur le terrain sont importantes. Ces informations sont précieuses et nous donnent une vision plus claire de ce que sont les conditions sanitaires actuelles des enfants de l’école primaire une fois la journée à l’école terminée et rentrés chez eux.

Les conclusions de ce diagnostic sanitaire seront synthétisées dans un rapport courant avril, qui exposera précisément la situation actuelle et la stratégie que nous souhaitons mettre en place pour y répondre.
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Néanmoins, les premiers résultats sont déjà connus. De nombreux sujets sont communs :
• L’accès à l’eau potable et à des toilettes propres ne sont pas encore généralisés ;
• Les fausses couches et avortements provoqués sont nombreux ;
• Les addictions à l’alcool et à la cigarette sont un problème majeur ;
• Les problématiques dentaires sont prégnantes, tout comme les cas d’hypertension artérielle mal soignés ;
• Enfin, la prise médicamenteuse est aléatoire et irrégulière et nous assistons à un renoncement aux soins, qui sont liés à des questions d’éducation, de coût et d’organisation des familles ; ce qui mériterait un suivi médical renforcé.

Mais certaines situations médicales sont particulièrement complexes et demanderont une réponse individualisée.

, 25 mars 2020

EDUCATION PAR L’EVEIL ARTISTIQUE A L’ECOLE PRIMAIRE

Gilles, notre artiste au grand cœur est de retour à l’Ecole du Bayon ! Grâce à lui et pour la 5ème année consécutive, 3 semaines ont été dédiées à un projet artistique à l’école primaire avec les enfants. Cette année, réalisation d’une fresque sur le mur de l’infirmerie, création d’un mur végétal et décoration de meubles à chaussures ! On vous en dit plus sur ce fabuleux projet qui a fait l’unanimité pour petits et grands.

Gilles, retraité depuis quelques années et passionné d’art, vient nous rendre visite tous les ans et ce depuis 5 ans, pour faire partager sa passion aux enfants et éveiller leur curiosité.
Ce projet, qui tient particulièrement à cœur à l’Ecole du Bayon, est en parfaite harmonie avec notre volonté de développer une éducation et un apprentissage participatif, liant connaissances théoriques, développement personnel et savoir-être grâce aux différentes activités extra-scolaires récemment mises en place (sport, danse apsara, marionnettes traditionnelles khmères et arts plastiques). Durant 3 semaines, l’ensemble des élèves du grade 1 au grade 6 se sont relayés afin de laisser place à leur imagination, pour un rendu grandiose !
L’année dernière, 3 projets ont été réalisés lors de sa présence : la peinture du mur de la Cantine d’Elodie, la confection de supports de brosses à dents dans l’ensemble des classes, et une magnifique maquette éphémère de l’école primaire faite en cartons recyclés.

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Cette année, Gilles et nos volontaires ont réfléchi à l’élaboration de nouvelles œuvres, durables dans le temps et intégrées aux murs de l’école. Au programme de cette année : une magnifique fresque réalisée sur le mur de l’infirmerie, la customisation de nos nouveaux meubles à chaussures, et un mur végétal, construit uniquement avec du matériel de récupération. Retour sur ces 3 œuvres.

1) Fresque murale de l’infirmerie :
Pour la 1ère semaine de ce workshop créatif, les enfants ont repeint les murs de l’infirmerie. Ils ont pris plaisir à peindre les dessins réalisés par la talentueuse Sreyleak, ancienne étudiante de la 1ère promotion de l’école de pâtisserie qui travaille aujourd’hui à nos côtés au Coffee Shop. Précision et rigueur furent au rendez-vous pour cette première étape réussie. Et le résultat est superbe, au plus grand plaisir de Jean-Pierre et Michèle, nos deux bénévoles en charge de l’infirmerie de l’école et des projets liés à la santé.
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2) Décoration de meubles à chaussures :
Parce que l’entrée des classes avec les dizaines de petites chaussures éparpillées était parfois chaotique… Nous nous sommes dit qu’il était temps d’installer des meubles à chaussures devant toutes les classes. Et Gilles et les enfants leur ont donné vie !

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3) Mur végétal et matériel de récupération :
Pour finir cet atelier en beauté, volontaires et staff se sont mobilisés pour réunir matériel de récupération en tout genre. Un joli mélange de pneus de vélo et de voiture, noix de coco, bouteilles en plastique et planches de bois. Un peu de bricolage et quelques coups de peinture plus tard… et notre mur végétal crée de toute pièce voit le jour !
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Petits et grands ont pris part à l’action, pour la plus grande joie de tous. Et c’est avec émotion et étoiles dans les yeux que Gilles a quitté l’école et les enfants en pensant déjà aux projets de l’année prochaine.
MERCI GILLES !

LANCEMENT D’UNE ECOLE EN AGROECOLOGIE

Après le lancement de notre projet potager début 2018, nous souhaitons pérenniser notre mission en lien avec l’alimentation durable, et développer nos actions dans le champ de la formation professionnelle. C’est pour cette raison que nous avons décidé de lancer une nouvelle formation professionnelle en agroécologie qui démarrera en novembre 2020. Retour sur les enjeux, et les objectifs à court et moyen terme de ce projet novateur, un pari sur l’avenir.

Avec une population principalement rurale (76,6% en 2018) et un tiers de ces habitants vivant avec moins de 1$ par jour, le Cambodge d’aujourd’hui fait face aux problèmes auxquels l’agriculture européenne a déjà été confrontée depuis la fin du siècle dernier.
L’agriculture pratiquée actuellement au Cambodge, conventionnelle et intensive, utilise de nombreux intrants chimiques. Avec la pratique prédominante de monocultures rizicoles, le pays est contraint d’importer la majorité de ses produits maraichers (estimé à 80%).
L’usage massif de pesticides combiné à la monoculture, empêchent la régénération des sols et entraînent une baisse de rendement des productions agricoles.De nos jours, très peu d’acteurs au Cambodge apportent des solutions concrètes pour faire face à ces enjeux, par la sensibilisation et la formation des populations au principe du développement durable et d’une agriculture respectueuse de l’environnement. A l’Ecole du Bayon, la transmission des principes de l’agroécologie nous a donc paru comme une solution viable sur le long terme.

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L’agroécologie vise à optimiser les interactions entre les végétaux, les animaux, les humains et l’environnement en liant principes écologiques et sociaux, indissociables pour qu’un système alimentaire soit durable et équitable (source : FAO). Cette pratique se définit principalement par la valorisation de la biodiversité, le recyclage des déchets organiques et le roulement des cultures, permettant de diversifier la production et de se passer d’intrants chimiques.
Depuis 2018, l’Ecole du Bayon a mis en place un projet d’agriculture durable visant à former les familles de nos élèves à l’agroécologie.
En implantant des potagers sur leur terrain, elles produisent des légumes et se dégagent un revenu supplémentaire grâce à l’approvisionnement de la cantine de l’école primaire en légumes locaux et sans pesticides.
A ce jour, ce projet permet d’améliorer les conditions de vies de 11 familles de l’école primaire, qui chaque jour produisent près de 30 kg de légumes.
Afin de poursuivre notre mission de sensibilisation et d’éducation, nous souhaitons créer une nouvelle formation professionnelle sur les métiers de l’agroécologie.

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Pour la création de cette école, nous travaillons en collaboration avec l’association Vivre de sa Terre, qui a déjà expérimenté la formation professionnelle aux principes de l’agroécologie à Battambang. Vivre de sa Terre nous soutient actuellement dans la création de notre contenu pédagogique, ainsi que la formation de nos futures professeures, En et Sreyleak. Actuellement, elles sont en cours de formation afin de développer leurs compétences en pédagogie et techniques d’apprentissage, management et entrepreneuriat, ventes, marketing et comptabilité.

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Grâce à l’expérience menée par Vivre de Sa Terre en matière de formation, nous avons donc privilégié la création d’une formation courte d’un an, intégrant plusieurs mois de stage pratique. L’objectif de cette formation étant de permettre une employabilité rapide de nos futurs élèves.
Nous souhaitons ouvrir cette nouvelle formation à 10 jeunes âgés de 17 à 20 ans vivant dans la province de Siem Reap.

Avec cette nouvelle formation professionnelle, nous souhaitons innover en formant des techniciens de l’agroécologie, également capables d’entreprendre et de porter les valeurs du développement durable dans leurs futurs métiers.
Le contenu pédagogique répond ainsi à ces deux critères essentiels à la réussite de ce projet. En un an, nos futurs étudiants auront acquis des compétences tant techniques (savoir restaurer la fertilité des sols, protéger les cultures, transformer et recycler la production etc) qu’entrepreneuriales (savoir communiquer, vendre et gérer des revenus, collaborer et innover, développement des soft skills etc).
Notre ambition, à moyen et long terme, est d’éveiller les consciences et valoriser une agriculture plus responsable au Cambodge. Et pour cela, il nous est donc primordial de faire de notre première promotion des ambassadeurs de l’agroécologie au Cambodge, où le marché de produits biologiques est une niche destinée à se développer, un pari sur l’avenir.

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COLLABORATION INÉDITE AVEC PSE

Comme présenté et voté lors de l’AG de juin à Paris, le projet de partenariat entre l’Ecole du Bayon et PSE est aujourd’hui effectif.

POURQUOI CE PARTENARIAT ?
L’École du Bayon , en plus de vingt ans d’existence, a progressé, s’est enrichie de talents, réalisations et initiatives, et reste une formidable aventure humaine qui participe activement au développement de nombreux enfants défavorisés de Siem Reap au travers de son école primaire, de son accompagnement des enfants dans le secondaire, de son école d’apprentissage en pâtisserie, de son Coffee Shop et aujourd’hui de son accompagnement des familles dans la création de cultures vivrières.
Mais dans le même temps nous avons fait quelques constats :
Nous n’avons plus la possibilité de nous agrandir (du fait de notre localisation au sein des temples), pour accueillir toutes les demandes, et elles restent nombreuses, ce qui conduit à des sélections difficiles. Mais aussi nos enfants de l’école primaire d’il y a vingt ans sont grands : nous les avons soutenus dans leurs études mais beaucoup d’entre eux attendent maintenant un métier. Enfin, notre fonctionnement sur le mode « small is beautiful » permet d’être créatif, flexible, réactif, et donc très « entrepreneurial » mais en revanche crée les fragilités inhérentes aux petites structures.
Nous nous sommes donc mis en quête d’un partenariat nous permettant de conserver nos valeurs, notre ADN, tout en ouvrant les portes de nouvelles initiatives, de débouchés professionnels pour les enfants et sécurisant l’Ecole du Bayon dans le long terme sur le plan organisationnel et sociétal.
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Très vite nous avons compris que PSE, « Pour un Sourire d’Enfant », association créée en 1996 par Christian et Marie-France des Pallières était l’association idéale pour ce partenariat.
PSE est une organisation reconnue au Cambodge où elle a en charge plus de 6500 enfants et leurs familles, qu’elle soutient financièrement en école publique, mais dispose aussi de nombreuses écoles d’apprentissages permettant de former les élèves qui le souhaitent à des métiers très opérationnels.
PSE est principalement développée sur Phnom Penh avec quelques antennes en province, mais elle aussi, se trouve débordée par son succès et rencontre des difficultés d’accompagnement sur ses antennes de province.
Sur Siem Reap elle aide à ce jour 414 enfants en écoles publiques ainsi que 200 familles, au travers d’une dizaine de permanents (Assistance Sociale et Fonctions support) et possède aussi un centre d’accueil, à ce jour peu exploité, comprenant divers pavillons sur un grand terrain près du centre-ville.
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Dans le cadre de notre accord les deux associations vont engager une coopération sur Siem Reap pour partager les savoirs faire et créer des synergies entre nos deux modèles et les équipes locales.
En parallèle les équipes des deux associations vont se regrouper dans le centre d’accueil de PSE Siem Reap. Ceci va permettre en particulier de libérer de la place dans l’école de pâtisserie pour l’agrandir, mais surtout ce centre va permettre de créer à l’avenir des structures d’accueil pour des étudiants en internat pour de futures formations, l’ambition étant surtout que les enfants des deux associations puissent bénéficier à terme de tous ces enseignements professionnels, qu’ils soient à Phnom Penh où à Siem Reap.
Et dans l’immédiat, le premier projet sur le site sera la création d’une ferme expérimentale de permaculture, qui sera la base d’une filière de formation professionnelle.
Nous sommes heureux de partager avec vous les premières images.
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, 17 décembre 2019

UN NOUVEL ESPACE DE TRAVAIL POUR L’ECOLE DE PÂTISSERIE

La Bayon Pastry School a entamé sa sixième année d’existence et a accueilli 26 nouvelles étudiantes. Le lieu a bien évolué et la formation est aujourd’hui très professionnelle et reconnue à Siem Reap.

Avec notre expérience, nous gagnons en notoriété et nos étudiantes trouvent facilement un emploi à la sortie de l’école. En cinq ans, 86 étudiantes sont sorties diplômées et travaillent dorénavant avec un emploi stable.

Et maintenant ? Nous voulons grandir, améliorer notre espace de formation et la qualité de nos pains. Les étudiantes sont principalement formées à la pâtisserie, mais nous voulons améliorer la formation en boulangerie. Nous avons donc décidé de créer un nouveau laboratoire de boulangerie, destiné à la formation des étudiantes.

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Laissons la parole à Sokhoeurn, notre directrice de l’école :

Quels sont les objectifs de ce nouvel espace ?
Le premier objectif est de disposer d’espace supplémentaire pour recruter plus de 25 étudiantes par promotion. D’autre part, nous nous sommes jusqu’ici principalement concentrés sur la pâtisserie ; le matériel que nous utilisons est moins adapté à la boulangerie et nous souhaitons donc investir pour avancer dans cette voie.

Qu’est ce qui change par rapport à l’ancien pastry lab ?
Au-delà de l’espace gagné, l’évolution principale est liée aux normes d’hygiène. Avec ce nouvel espace, nous pourrons nous mettre aux normes et respecter au mieux les règles sanitaires et de sécurité alimentaire internationales.

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Avez-vous investi dans du matériel spécifique ?
Nous avons investi dans des petits équipements, indispensables pour la boulangerie mais aussi dans un laminoir (machine pour les pâtes), des mixers à spirale et un four.
La chose dont je suis le plus satisfaite est l’investissement dans une chambre froide qui va nous permettre de mieux gérer les stocks. Ces recommandations ont été faites par nos partenaires de Lesaffre et Arizta qui nous suivent sur ce projet.

Quels sont les plans pour le futur ?
Nous voulons améliorer la qualité de nos pains et les faire connaître sur Siem Reap. Nous voulons que les étudiantes comprennent pourquoi le pain est si important. C’est comme le riz au Cambodge que nous mangeons à chaque repas !

Un grand merci à l’ensemble de nos sponsors sans qui ce projet n’aurait pas pu exister : Aryzta, Fondation Sodebo, Lesaffre, Kitchen Aid ; sans oublier les nombreux donateurs qui ont notamment donné en hommage à Irene Meister.

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, 16 décembre 2019